Aux grands Hommes la reconnaissance de la nation : Guy-Brice Parfait Kolelas, à jamais dans les cœurs des congolais

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Parfait Kolelas a certes navigué entre radicalité, fermeté, allégeance et compromis, au gré des circonstances, mais tout le monde s’accorde aujourd’hui à considérer qu’il était un grand espoir de la démocratie au Congo. Ce docteur en économie qui avait pour mission de poursuivre le combat politique de son père selon ses propres mots, s’en est allé en laissant un grand vide derrière lui.

De source concordante, Guy-Brice Parfait Kolelas, décédé le 23 mars dernier, sera enterré provisoirement le 11 juin prochain au cimetière du Bourget, en France. Cela fait suite à une correspondance datée du 25 mai dernier, de l’avocat de la famille du défunt, Me Yassine Bouzrou, dans laquelle il sollicitait la délivrance d’un permis d’inhumer auprès du procureur de la République de Bobigny.

Auparavant, le 22 avril dernier, il a été réalisé une contre-expertise sur le corps du défunt. La famille est toujours dans l’attente de la communication du rapport d’expertise anatomo-pathologique et du rapport de contre-expertise toxicologique, lesquels, selon cet avocat, « sont indispensables pour connaître les causes » de la mort de l’opposant congolais.

Sur ce, revenant sur qui a été le parcours et l’héritage politique de ce dernier. En effet, comme le dit si bien Andréa Ngombet, membre de l’opposition en France et l’un des dirigeants du mouvement Incarner l’Espoir, Guy-Brice Parfait Kolelas était un libéral, un héritier du combat du président Fulbert Youlou, du cardinal Émile Biayenda et, bien sûr, de son père, Bernard Kolelas, pour les libertés civiles et l’État de droit en République du Congo. C’était quelqu’un de humble, très aimé et apprécié de la population congolaise à tel enseigne que nombreux sont les sympathisants et partisans qui l’ont suivi du MCDDI à l’UDH-YUKI.

Décédé à l’âge de 61 ans, le lundi 22 mars 2021 à bord d’un avion médicalisé qui l’évacuait sur Paris, quelques heures seulement après la clôture officielle du scrutin du 21 mars 2021.

 Il était considéré comme le seul opposant perspicace face au président Denis Sassou N’Guesso lors de cette élection, il tentait pour la seconde fois de battre le chef de l’État congolais, dont il fut un de ses ministres.

Après la disparition de son père Bernard Kolelas en novembre 2009,  il prend alors le flambeau (du MCDDI) avant de s’en faire déposséder par l’un de ses  frères  en décembre 2015. Il avait déjà tenté de s’émanciper en 2014, en dénonçant les accords liant alors le MCDDI au PCT de Denis Sassou Nguesso.

Les positions se sont ensuite radicalisées des deux côtés, créant des situations politiques étonnantes. Comme lors de la présidentielle de 2016, lorsque le MCDDI a soutenu la candidature de Denis Sassou Nguesso, plutôt que celle de Guy-Brice Parfait Kolelas alors que celui-ci était d’ailleurs toujours député MCDDI de Kinkala, dans le département du Pool.

Il se lance alors dans la course comme candidat indépendant (sans parti politique) et crée  la surprise en occupant la deuxième place de la présidentielle, avec 15 % des voix selon les résultats officiels.

Depuis 2017, il avait lancé sa propre formation, l’UDH-Yuki. Un parti créé sur les cendres de la Conférence des démocrates humanistes africains (Codeha), également fondée par son père.

Le 1er février 2021, il annonce officiellement sa candidature en reprenant à son compte le slogan du « développement intégral » cher à son père, Bernard Kolelas.

Économiste de formation, diplômé en France où il a aussi bien côtoyé le Parti communiste que les milieux d’extrême-droite, la mort de Guy-Brice Parfait Kolelas demeure encore à ce jour un coup dur pour la famille politique congolaise en général et celle de l’opposition en particulier qui, à travers sa disparition a encore perdu un digne fils sur la longue liste des disparus. Guy-Brice Parfait Kolelas par sa verve et son franc-parler, était un vrai leader charismatique qui galvanisait les foules comme son père, Bernard Kolelas, ancien Premier ministre et ancien maire de Brazzaville.

Surnommé affectueusement « Pako », Guy-Brice Parfait Kolelas n’était pas du genre à faire les choses à moitié, il s’était résolu à briguer la présidence, contre vents et marées. Hélas, il s’en va en adressant aux congolais un dernier message d’espoir sur son lit de mort : « Mes chers compatriotes, je suis en difficulté. Je me bats contre la mort. Cependant, je vous demande de vous lever. Allez voter pour le changement ! Je ne me serai pas battu pour rien. Battez-vous. Levez-vous comme un seul homme, faites-moi plaisir. Je me bats sur mon lit de mort. Vous aussi, battez-vous pour le changement. Allez-y ! Il en va de l’avenir de vos enfants ».